UN CADAVRE DANS LES ASPERGES ! Chapitre 11

Publié le par Gérard PIEL

UN CADAVRE DANS LES ASPERGES ! Chapitre 11

Toute la brigade était plongée dans les archives 2017. L'élection de Cranom occupait la quasi totalité des médias. La disparition de Tarin n'était relatée que brièvement à l'exception d'une série d'articles parus dans Nice-Matin. 

Le quotidien de la Côte d'Azur avait consacré une demi-douzaine de papiers à Mauro, décrit comme un financier de haut vol. Les journalistes détaillaient ses liens avec le staff du président, son avenir de ministre, mais aussi son implication dans un projet pharaonique de centre commercial, lieux de vie et d'ébaudissement en plein milieu de l’Estérel sur des terrains qui devaient être achetés par le Conservatoire du littoral. 

En 2014, les élections municipales avaient rebattu les cartes dans la petite commune de Saint-Benoît-les-mimosas et la nouvelle équipe municipale était plus sensible aux arguments du Consortium financier qui se portait acquéreur de terrains pourtant non constructibles ! C'était sans compter sur la Communauté d'Agglomération qui, par un coup de baguette magique et la révision du POS, Plan d'occupation des sols, transforma garrigues et forêts en machine à blanchir du cash. 

Le projet "Free Sky" était lancé, seuls quelques écolos plus folkloriques que dangereux pétitionnaient et manifestaient, quant aux rares habitants du secteur la plupart avaient accepté les offres généreuses du Consortium. L'article où Tarin était cité le présentait comme un intermédiaire entre les promoteurs et les habitants. 

Raphaël rappela que Mauro portait une valise à sa descente d'avion à Mandelieu, porte d'entrée des Alpes-Maritimes dans l’Estérel.

- Je vois ce que tu veux dire, mais nos collègues ont du vérifier cette piste ! 

- Cela mérite d'être confirmé. À part cet article rien ne relie Tarin à "Free Sky". 

- Où en est-on de ce projet ? 

- Tu vas rire, les travaux viennent de débuter. Le fameux Consortium a passé la main à d'autres investisseurs eux aussi basés à l'étranger. 

Max avait du nouveau 

- À l'époque, une capitaine de gendarmerie a travaillé sur ce dossier. Elle a été promue dans la foulée. 

- Appelle-la ! 

- C'est fait. 

- Et alors ? 

- Alors Marlot, c'est son nom, a disséqué le Consortium, en première ligne deux banques et leurs filiales, un grand groupe immobilier et un architecte de renom, en deuxième ligne une farandole de fonds à l'origine douteuse, des millions passant par Singapour, le Luxembourg et Monaco. La capitaine est arrivée à la conclusion que ce projet servait de prétexte à rendre présentable des monceaux de fric ! 

Elle a envoyé son rapport au procureur et pour plus de sûreté à un journaliste ami, celui-ci lui a retourné son dossier en lui disant "Tu pisses dans un violon". Le proc a, lui aussi, bénéficié d'une mutation-promotion, il est à la retraite et tiens-toi bien, pointe dans les effectifs d'une métropole régionale ! 

- Bon, on convoque ces deux courageux, mais c'est maigre ! 

- Attends chef, ce n'est pas fini, ne soit pas défaitiste, Marlot nous a transmis son dossier et ses notes, on y retrouve Tarin en arroseur des habitants du coin, la capitaine souligne qu'il avait les moyens de sa fonction, il payait largement. Une famille a dégagé en deux jours, elle a tout laissé en plan et elle coule des jours heureux à la Réunion. Tarin a pourtant connu un échec avec un homme qui habite toujours sur place, pour une fois, le pot de terre a battu le pot de fer. 

- Tu remercieras la capitaine, Louise et Raphaël vous, venez avec moi, on va chez le résistant. 

- Alcide de Besse dit "le père Gaspard" qui descendrait de Gaspard de Besse, brigand provençal mort roué à Aix en Provence en 1781 ! 

- Hé bien dis donc, tu en sais des choses ! 

- Il vous attend, c'est lui qui m'a dit pour son ancêtre ! 

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