UN CADAVRE DANS LES ASPERGES ! Chapitre 5

Publié le par Gérard PIEL

UN CADAVRE DANS LES ASPERGES ! Chapitre 5

Le procureur placé derrière le pupitre bleu, blanc, rouge, ses notes en mains, était prêt à répondre aux questions des médias. Jean-Marc Martinez approchait de la retraite, il avait prévu de la vivre du côté du Tignet, il aimait être en mer et montagne, lui qui est toujours célibataire, occupait son temps libre à la nage ou à la marche. 

Le procureur était passé à travers les mailles du filet de De Mongolfier, à l'époque de la chasse aux sorcières maçonniques organisée par le pouvoir socialo-communiste. Resté fidèle à ses amis, il aura une place de choix dans une collectivité, avec un salaire qui viendra mettre du beurre dans les épinards de sa retraite de magistrat. 

Alors cette affaire tombait mal et pour tout dire l'emmerdait ! 

Quelques minutes avant de commencer, un des ses  journalistes préférés était venu lui glisser dans le creux de l'oreille droite :

- Des collègues ont été invités chez la Tarin, est-ce que les deux communications sont liées ? 

Cela obligea le magistrat à débuter son laïus avec dix minutes de retard, le temps nécessaire pour évoquer avec le capitaine sa visite à la veuve. 

- Qu'est-ce que vous avez fait pour qu'elle réagisse de cette façon ? 

- Rien de particulier, madame Tarin n'a pas l'habitude de recevoir des policiers. 

- Venez à mes côtés, si jamais il y a des questions sur votre entrevue vous répondrez, mais attention profil bas, hein ! 

La salle était bondée, presse audiovisuelle et papier réunis, tous prêts à entendre l'info qui circulait déjà sur les réseaux sociaux.

- Mesdames et messieurs, hier dans la matinée, le capitaine Maris et des membres de sa brigade ont découvert un corps congelé dans les bois de Sophia-Antipolis. Mauro Tarin avait disparu depuis prés de quatre ans, le huit mai deux mille dix sept exactement. Je ne vous rappelle pas qui était la victime, la présence de représentants éminents des médias internationaux démontre tout l’intérêt que vous portez à cette annonce. L’enquête a été confiée à la BRI qui s'est trouvée par hasard sur les lieux où le cadavre était déposé quelques minutes auparavant.

Pour le moment nous ne disposons pas des résultats de l'autopsie, mais vous en conviendrez, découvrir un corps congelé d'une personnalité considérable quatre ans après sa disparition laisse penser que d'autres personnes sont en cause. Voila ce que je voulais vous dire.

- Une forêt de mains se dressa dans un même mouvement. Les questions se mélangeaient , s'entrechoquaient, tout comme les caméras, quelques bonnettes de micros furent piétinées, après quelques minutes de chaos, une question émergea portait à plusieurs voix.

- Comment avez-vous appris que le corps était dans les bois ?

- Je répète, c'est un pur hasard, mais le capitaine Maris va vous répondre.

- Nous étions en vacances, d'ailleurs ils nous restent encore deux mois de congés à récupérer, nous avions prévu une balade sportive pour entretenir la forme. Un de mes lieutenant est expert en plantes sauvages comestibles et il connaît cet endroit comme un coin à asperges. Nous sommes tombés sur sur la victime avant que le processus de décongélation ne débute.

- Madame Tarin tient actuellement un point presse chez son avocat, elle se plaint je cite " des rudesses et maladresses de la police".

- J'étais avec le lieutenant Lombard chez la veuve de la victime, nous l'avons informé de notre découverte, puis nous avons posé les questions d'usage. Disons que l'émotion a brouillé le niveau de compréhension de madame Tarin, nous avons préféré écourter notre visite, mais nous devrons évidemment la revoir ainsi que les fils Tarin.

Un autre journaliste interpella le capitaine tout en consultant son smartphone.

- Elle vient de dire que vous l'avez bousculée en lui annonçant le décès brutalement.

- Je pense que la veuve Tarin n'a pas l'habitude de recevoir des policiers, elle devra s'y faire. Nous avons respecté le protocole et sa réaction a été de s'allumer une cigarette et...

- Merci capitaine, je crois que ses messieurs ont du travail, la conférence est terminée!

Le procureur Martinez ne s’était pas gêné pour couper la parole à Maris qui tourna les talons en appelant le lieutenant Lombard assez fortement pour que tout le monde entende.

-  Venez lieutenant, nous avons du travail ,ce n'est pas le festival de Cannes!

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